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19 Sep 2017

Le chasseur moderne - la chasse en 2017

Transportons-nous à l’époque de l’homme d’Herto, il y a de cela quelque 154 000 ans. Un groupe d’Homo sapiens revient victorieux de la chasse. Ils auront de la viande pour manger, des peaux pour se couvrir, des ossements pour fabriquer des outils, ils récupéreront tout ce qu’ils peuvent de leurs gibiers. La mise à mort d’un animal sauvage est amplement justifiée dans leur situation, l’acte n’est pas considéré comme disgracieux. Ils chassent par besoin de subsistance. Aujourd’hui, ce même acte est considéré par plusieurs comme disgracieux, un acte ignoble. Féroce est l’affrontement qui existe entre les chasseurs et les défenseurs des animaux, voire les antichasseurs. Les propos sont très colorés, voire extrémistes... émotifs. On accuse haut et fort : assassins, barbares, rustres personnages... Mais avons-nous tout en mains pour juger adéquatement ces activités de prélèvement? Est-il légitime, en 2017, d’abattre un animal sauvage pour quelque raison que ce soit? Tournons la question! Serait-il sain, pour l’écosystème, de cesser complètement nos activités de prélèvements d’animaux, tous gibiers confondus? Serait-ce envisageable de retirer le prédateur le plus polyvalent d’une chaîne alimentaire si structurée sans porter atteinte à son équilibre?

Il faut se rapporter à l’histoire de l’établissement de notre civilisation pour bien comprendre les enjeux de ces questions fondamentales :• Préhistoire – L’homme doit cueillir, chasser et pêcher pour survivre, l’activité de la chasse en est une de subsistance. L’homme constitue le prédateur le plus polyvalent. On considère alors que ses actes de prélèvement font partie de la chaîne alimentaire et l’action de l’homme est donc essentielle à l’équilibre de cette chaîne et de la pérennité des espèces animales.• 9000 ans av. J.-C., l’homme met en branle pour la première fois l’élevage d’animaux herbivores afin de pourvoir aux besoins alimentaires de sa communauté. Les premières traces d’élevage sont découvertes en Mésopotamie.• Arrivé au Néolithique, l’homme élève désormais des espèces animalières que l’on qualifiera de domestiquées. À cette époque déjà, l’homme suffit à une partie de ces besoins par l’élevage et l’exploitation agricole à petite ou moyenne échelle. • C’est à l’époque de l’antiquité que le bond le plus phénoménal est observé. L’homme s’organise beaucoup plus en agglomérations, il crée ce qui deviendra des bourgs, plus tard des villes. À cette époque, l’élevage d’animaux à viande occupe une très grande place. C’est aussi lors de l’antiquité que l’on verra apparaître pour la première fois la notion de droit de chasse.• L’homme changera la face de la terre à jamais, modifiant de façon majeure l’équilibre naturel. On retire tranquillement le prédateur le plus polyvalent d’une chaîne alimentaire si structurée. L’homme fragilise alors progressivement l’écosystème planétaire.• Puis les sociétés s’organisent de plus en plus. Les villes, routes et autoroutes apparaissent, diminuant ainsi le territoire des animaux sauvages et limitant gravement leurs déplacements.

L’homme a donc, dans son évolution, créé un débalancement majeur dans l’ordre naturel des choses. Confiner les populations d’animaux sur des territoires fermés, les empêcher de migrer et de se déplacer normalement et cesser le contrôle des populations par le prélèvement occasionne plusieurs problèmes de taille. L’homme s’est immiscé comme second architecte dans un univers jadis parfaitement organisé. Il engendra dès lors un dur coup pour les cheptels d’animaux. Contamination croisée de diverses maladies chroniques due à la concentration des troupeaux. Mise en danger de plusieurs espèces maintenant privées de leur nourriture, habitudes, balance. Apparition de nouveaux hybrides animaliers complexes. Problématique de prédation des troupeaux d’élevages. Forte présence d’animaux sur les routes causant accidents, blessures et mortalités. Et plus encore. La chasse est désormais une activité et non une nécessité pour l’homme. Il en est autrement pour l’écosystème qui perd son plus grand balancier naturel. La chasse, pour cet écosystème planétaire, est nécessaire. Forte de sa réputation et de ses cinq millions de membres, la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) constitue la plus grande organisation mondiale dans la défense des droits des animaux. L’organisation pourtant très activiste et rude envers les chasseurs lance elle-même l’alerte. Sans les activités de prélèvement des chasseurs, les cervidés et autres animaux mourraient de manque de nourriture ou de maladie occasionnée par la surpopulation directement liée à l’absence du contrôle essentiel qu’effectuent les chasseurs sur les populations d’animaux sauvages. La PETA reconnaît le chasseur contemporain en tant qu’élément vital de l’écosystème planétaire.

Il aurait été facile, dans cet article, de comparer la mise à mort d’un animal en abattoir versus la collecte par la chasse ou de présenter bien d’autres arguments. Nul besoin, les fondements de l’écosystème planétaire éradiquent les besoins d’argumentaire. Existe-t-il de bons ou de mauvais moyens de chasser? De bons ou de mauvais chasseurs? Certes, mais ici, nous rétablissons les faits. Nous sommes acteurs sur cette terre, pas scénaristes. Sans le respect des bases, l’homme court à sa perte et à la destruction de cette terre dont il n’est pas l’unique occupant.

Stéphane Monette, professionnel reconnu de l’industrie dans ses travaux de recherche et développement sur le cerf de Virginie et consultant en saine gestion de territoires de chasse s’exprime : Il aurait été facile, dans cet article, de comparer la mise à mort d’un animal en abattoir versus la collecte par la chasse ou de présenter bien d’autres arguments. Nul besoin, les fondements de l’écosystème planétaire éradiquent les besoins d’argumentaire. Existe-t-il de bons ou de mauvais moyens de chasser? De bons ou de mauvais chasseurs? Certes, mais ici, nous rétablissons les faits. Nous sommes acteurs sur cette terre, pas scénaristes. Sans le respect des bases, l’homme court à sa perte et à la destruction de cette terre dont il n’est pas l’unique occupant. « Le retrait de l’homme en tant que prédateur suprême dans la chaîne alimentaire cause beaucoup de problèmes en ce qui concerne l’équilibre écologique. Il n’y a qu’à penser à l’hécatombe due à la maladie débilitante chronique survenue dans les cheptels de cerf de Virginie dans un passé pas si lointain. Problématique causée par la trop grande concentration du nombre de cerfs de Virginie par kilomètre carré alors que les activistes voulaient les protéger, ils ont causé l’anéantissement de plusieurs troupeaux en agissant de la sorte. Pensez à la problématique de la rage chez le raton laveur dans les années où les activistes ont réussi à ralentir les activités de trappage; à la hausse de la présence de coyotes sur les propriétés des fermiers... tous ces faits ont un point en commun : la baisse des activités de chasse, ou en d’autres mots, une lacune dans le contrôle des populations. J’aime attribuer le titre de chasseur gestionnaire et de trappeur gestionnaire aux gens qui pratiquent cette activité de façon responsable. La Pennsylvanie est un parfait exemple de solution face à un constat de problématique dans les cheptels de cervidés. Cet État américain jadis considéré comme un des pires territoires en matière de maladie et de pérennité de l’espèce s’est élevé au rang d’exemple à suivre. Lorsque les activités de collectes sont gérées, elles deviennent un outil indispensable à la faune. Les retombées économiques dans les milieux ruraux où se pratique la chasse sont un autre point très positif. Les réserves fauniques sont des lieux où l’ensemble des plaisanciers peut jouir de routes entretenues, de sentiers aménagés et de chalets de grande qualité, et ce, à des tarifs très abordables. Remerciez le chasseur qui paye jusqu’à 10 000 $ pour un orignal ou 3 000 $ pour un chevreuil. Ce sont les chasseurs qui financent tout ça. Sans compter tous les organismes de sauvegarde financés par le milieu de la chasse.»

Cet article a été publié dans la revue Summum de Mars 2017.


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